Infographie : 5 choses à ne pas dire à une personne souffrant de maladie mentale 🤐

5 choses à ne pas dire à une personne qui souffre d'une maladie mentale. "Secoue-toi". "Arrête tes médocs", "Arrête ta comédie !", "Calme-toi !", "Vas donc au ciné !"

Lorsqu’un ami ou un membre de la famille souffre d’une maladie psychique, on aimerait bien le soutenir, mais comment ? On voudrait lui dire des choses qui lui font du bien, qui l’aident. Malgré tout, même avec toute l’affection que l’on a et notre bonne volonté, on peut tomber à côté, être maladroit, fatigué ou en colère et risquer d’abimer notre relation avec la personne.

Voici une infographie avec 5 types de phrases à ne pas dire à quelqu’un souffrant de maladie mentale. Celles-ci peuvent sembler caricaturales, mais qui, bien qu’elles soient parfois prononcées avec une gentille intention, ont de bonnes chances d’être mal reçues et d’altérer le lien et/ou d’enfoncer la personne malade.

Nous verrons en outre les raisons pour lesquelles ces interventions peuvent blesser et des propositions de remplacement pour les éviter tout en améliorant la relation. Bien entendu, ce sont des exemples pour vous donner des pistes et dans tous les cas, elles sont à adapter à votre situation et la personne à qui vous vous adressez. Vous voyez l’idée.

1. Fais un effort / secoue-toi / tu es feignant / tu n’as pas de volonté !

« Il faut que tu te secoues ! Tu ne peux pas rester comme ça ! C’est invivable pour toi ! »

Évidemment, ce type de discours peut être dit comme une critique, mais il peut aussi être utilisé lorsque l’on pense sincèrement que pour motiver quelqu’un, il est nécessaire de lui mettre la pression.

Toutes les phrases qui laissent entendre que la personne malade n’en fait pas suffisamment et que si elle avait plus de volonté, elle s’en sortirait l’enfoncent au contraire et, du coup, peuvent abimer la relation.

Pourquoi dire « Secoue-toi » n’est pas une bonne idée ?

Parce que :

  1. C’est un principe éducatif très fréquent et très peu efficace de critiquer ou secouer une personne dans le but que celle-ci s’améliore.
  2. Demander à quelqu’un de changer une chose sur laquelle il n’a pas de levier est à la fois inefficace et augmente le sentiment d’impuissance (un des ingrédients de la dépression). Votre proche n’a certainement pas besoin de ça. Et pourquoi n’a-t-il pas la main sur sa volonté et son épuisement ? Parce que ça fait partie de la maladie d’être épuisé (parfois même à ne rien faire) et de ne pas réussir à passer à l’action (exemple dans la schizophrénie : cliquez ici, mais c’est également exact dans la dépression). C’est comme si vous disiez « arrête d’être malade ! » Oui, ben… la personne aimerait bien arrêter d’être malade… Et n’oubliez pas qu’elle passe son temps à déployer des efforts, beaucoup d’efforts, car tout est un effort quand on est malade.

Préférer :

« Je comprends que c’est difficile pour toi. Est-ce que je peux t’aider ? » ou « comment est-ce qu’on pourrait te simplifier la vie ? » ou encore, remarquez les progrès ou les efforts : « Wouhaou ! J’ai vu que tu avais fait X, je sais à quel point c’est difficile pour toi. Tu assures ! »

Montrez que vous avez conscience des difficultés que vit votre proche, que vous percevez les efforts qu’il fait et que vous leur accordez de la valeur sera bien plus efficace pour le soutenir, pour renforcer la qualité de votre relation ainsi que pour l’encourager !

2. Tes médicaments, c’est le mal, tu n’as pas besoin de tous ces médicaments !

Ce type de phrases traduit une inquiétude, voire une méfiance à l’égard des médicaments, soit par rapport aux effets secondaires, soit vis-à-vis de la dose ou encore de la quantité. Celles-ci sont souvent dites lorsque l’on a de l’affection pour quelqu’un et que l’on pense que la meilleure chose pour qu’il aille mieux serait de diminuer, supprimer ou modifier son traitement. Pourtant cela peut détériorer votre relation avec la personne touchée par la maladie et bien pire encore.

Pourquoi critiquer les traitements n’est pas une bonne idée ?

Parce que, quel que soit votre avis sur un traitement médicamenteux, il faut se rappeler que ce n’est jamais amusant d’en prendre un et que ça demande un effort pour le faire et supporter les éventuels effets secondaires. De telles remarques mettent de la pression sur la personne concernée et peuvent soit ruiner ses efforts pour prendre soin de sa santé et ainsi augmenter les risques de rechutes, soit au minimum altérer votre relation avec un conseil non demandé et non qualifié.

Préférer :

« Je suis heureux, si tu es content de ta prise en charge » ou, pourquoi pas, « est-ce que tu es d’accord pour m’expliquer tes traitements, cela m’inquiète. »

Bien sûr que l’on a le droit d’avoir un avis, néanmoins attention à ce que l’on fait en le donnant, lorsque personne ne nous l’a demandé et que l’on n’a aucune compétence en la matière.

3. Calme-toi, c’est pas grave !

Personne n’aime voir un ami ou une personne de sa famille énervée, triste, ou anxieuse. On préfèrerait la savoir sereine ou heureuse, aucun doute là-dessus. On se rend bien compte qu’elle a besoin de soutien, mais dire « calme-toi » ou « c’est pas grave » a de plus grands risques d’abimer votre relation que de la renforcer… oups…

Pourquoi dire « Ce n’est pas grave » n’est pas une bonne idée ?

Parce que, si l’on veut qu’une personne énervée, anxieuse, triste se sente mieux et plus calme, il est contre-productif de lui demander de se calmer ou de minimiser son ressenti en disant que ce n’est pas grave. Il y a de fortes chances qu’outre le fait qu’elle ne va pas se sentir écoutée, que sa colère augmente.

Ne pas dire : "Calme-toi, c'est pas grave !"
Illustré par un volcan en éruption.
Ma Famille de ouf
Ne pas dire « Calme-toi ! C’est pas grave ! »

Préférer :

« Tu as l’air énervé/triste/anxieux. Tu sembles être dans une situation très difficile. Je suis désolé pour toi. Comment puis-je te soutenir ? »

Montrer à la personne que l’on a bien conscience de son mal-être est très puissant afin qu’elle se sente entendue et que les liens soient renforcés. Et même si elle refuse votre aide ou que vous n’avez pas la possibilité de l’aider, elle sait que vous l’avez comprise et que vous êtes présent pour elle. C’est considérable.

4. Tu es sûr d’être malade ? Ce n’est pas de la comédie ? T’es malade quand ça t’arrange !

Il est vrai que les maladies mentales sont invisibles, ce n’est pas comme une jambe cassée. Alors il peut être logique de s’interroger : « est-ce une maladie ou est-ce que ça l’arrange de ne pas faire les choses ? » Émettre un doute ou une critique sur la pathologie altère la relation et la personne qui reçoit ce doute ou cette critique.

Pourquoi dire « Tu est sûr d’être malade » n’est pas une bonne idée ?

Parce que, nier les difficultés, se servir de la maladie pour attaquer la personne souffrante quand on est en colère, ruine ses efforts, car au moment elle va mieux/bien/pas trop mal, elle récolte un tacle.

Il ne faut également pas oublier que l’impact d’un trouble n’est pas linéaire. Même avec la plus forte dépression, une personne ne se trouve pas en permanence au fond du trou et peut parfois rire, par exemple.

Préférer :

« Je me réjouis que tu puisses te faire plaisir, mais j’aimerais que tu en profites aussi pour faire [X]. Est-ce que l’on peut voir comment faire pour que ce soit possible ? » ou « j’ai beau savoir que tu es malade, comme ça ne se voit pas, parfois je l’oublie. Désolé. » ou « Je n’en suis pas fier, mais parfois, je préfère croire que tu le fais exprès, plutôt que de me dire que tu es malade, car c’est douloureux pour moi. Désolé si je te mets la pression, je vais faire de mon mieux pour te soutenir. »

Oui, la maladie mentale ne se voit pas et ne se situe pas constamment au même niveau de sévérité et tant mieux ! C’est chouette si la personne va mieux par moment et, remarquer et renforcer ces moments-là est très précieux pour aider la personne et pour solidifier vos liens !

5. Tu devrais [conseil lambda non sollicité]

Souvent lorsque l’on voit un ami ou un membre de la famille aller mal, on souhaite l’aider. Pour cela, on a de bonnes chances de sortir tous nos meilleurs conseils pour que la personne se sente mieux. On a envie de partager des trucs qui marchent pour nous, pour quelqu’un qui nous a dit que… des choses logiques ou des astuces secrètes.

« Si tu allais au cinéma, ça te changerait les idées. » « Si tu reprenais le boulot ? Tu étais bien quand tu bossais. » Mais… bien souvent, au mieux ça tombe à plat, au pire ça enfonce la personne et, quasi à coup sûr, ça distend la relation.

Pourquoi donner un conseil non sollicité n’est pas une bonne idée ?

Parce que même si c’est le meilleur conseil du monde, s’il n’est pas sollicité, il a de bonnes chances d’être à côté de la plaque et, la plupart, du temps, ce n’est effectivement pas le meilleur conseil du monde parce qu’il ne prend en compte ni le contexte ni les attentes de la personne. Je me rappelle cette femme qui était désemparée, interloquée et triste alors que sa belle-sœur lui avait dit qu’elle devrait se mettre à la flûte. Bien sûr, c’est logique et plutôt vrai que d’avoir un loisir peut aider quelqu’un à tenir le coup quand il est malade, mais ça dépend de l’état de la personne et du type de loisir. En l’occurrence, cette dernière n’était pas du tout musicienne, pas du tout intéressée par cela et pas du tout assez en forme à ce moment-là pour s’investir dans quoi que ce soit. Cette banale proposition la mettait donc en position d’impuissance, car elle n’était “même pas capable de suivre ce conseil”.

Préférer :

« J’imagine que tu as déjà pensé à reprendre le boulot. » ou « Comment puis-je t’épauler ? Est-ce que tu veux que l’on cherche ensemble des solutions ? Quoi que tu décides, je te soutiens. Je suis là si tu as besoin de moi. »

Proposer votre aide, montrer votre présence et votre disponibilité est très précieux pour une personne atteinte d’une maladie et si elle a la possibilité, elle pourra peut-être vous répondre : « j’irais bien au cinéma, mais je n’ai pas la force d’y aller seul. Je veux bien qu’on y aille ensemble. » ou « Retravailler ? J’y ai bien pensé, mais pour l’instant, je ne suis pas encore assez en forme pour le faire. »

6. Infographie les « 5 choses à ne pas dire à quelqu’un qui souffre de maladie mentale »

Voici l’infographie tant attendue qui synthétise les 5 choses à ne pas dire lorsque notre interlocuteur est touché par une maladie psychique !

Infographie : 5 choses à ne pas dire à quelqu'un qui souffre de maladie mentale. Illustré avec des catastrophes naturelles.
1.  Secoue-toi : éboulement
2.  Arrête tes médocs ! : Tsunami
3.  Calme-toi, c'est pas grave ! : éruption volcanique
4.  Arrête ta comédie ! : météorite
5.  Va donc au ciné : tremblement de terre, faille
Infographie : 5 choses à ne pas dire à quelqu’un qui souffre de maladie mentale.

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7. Conclusion

L’affection que l’on porte à nos proches et notre envie de les aider ne sont pas toujours bonnes conseillères pour renforcer notre relation ou pour devenir un soutien efficace.

Prendre soin de notre communication peut être un levier important de la qualité du lien. 🧡

Et vous ? Connaissez-vous d’autres choses à ne pas dire à quelqu’un souffrant de maladie mentale ? Dites-les moi dans les commentaires, je ferais peut-être une deuxième version de l’infographie.

N’hésitez pas à partager ce article à toutes celles et tous ceux à qui il pourrait être utile et, pourquoi pas, à en discuter avec la personne malade pour évoquer vos éventuelles maladresses et voir avec elle comment améliorer la situation.

Si vous ne savez pas comment aider votre proche, vous pouvez lire cet article : Comment démarrer pour aider une personne qui souffre d’une maladie psychique ?

Complément :

En complément, voici une autre infographie très connue qui déstigmatise aussi les maladies mentales : Conseils utiles de Robot Hugs.

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2 Replies to “Infographie : 5 choses à ne pas dire à une personne souffrant de maladie mentale 🤐”

  1. Merci pour cet article plein de pistes et de bienveillance!

  2. Excellent article dont les premiers point sont tout aussi valables avec les gens en général et les enfants !

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