La santé mentale peut-elle être optimisée sans l’aide d’un psychologue/psychiatre ?

Je réponds à vos question

Améliorer, optimiser la santé mentale, c’est en effet le travail des psychologues et des psychiatres. Ces professionnels peuvent s’attacher à le faire :

  • Avec un rôle curatif : soigner/guérir si la santé mentale est altérée
  • Avec un rôle préventif : limiter les risques sur la santé mentale
  • Avec un rôle palliatif : vivre au mieux avec une maladie (mentale ou pas) que l’on ne sait pas encore guérir.

Toutefois, bien sûr que l’on peut améliorer sa santé mentale tout seul ! De la même manière, il est possible de mettre en place des actions pour nous-mêmes qui également jouent un rôle préventif, curatif ou palliatif.

Comment optimiser nous-mêmes notre santé mentale dans un rôle préventif ?

Nous avons l’opportunité de faire des choses pour limiter les risques de développer un trouble mental. On a vu dans l’article sur les origines de la schizophrénie, les modèles actuels d’apparition d’une maladie (mentale ou pas d’ailleurs). Ceux-ci ne sont pas spécifiques à la schizophrénie.

Je pense au modèle bio/psycho/social ainsi qu’à celui de la vulnérabilité/stress. Nous n’avons pas accès à la totalité des facteurs qui font qu’une maladie va se déclarer, en revanche, c’est le cas pour une partie d’entre eux. Nous avons donc la possibilité de diminuer voire supprimer certains facteurs de risques et d’augmenter certains facteurs protecteurs.

Ça ne signifie pas que nous pouvons tout contrôler et que l’on ne risquera rien, mais qu’il est en partie possible de limiter les risques et augmenter les facteurs protecteurs.

Si je prends un exemple qui n’a pas de rapport avec les maladies psychiques pour illustrer mon propos, je peux parler du cancer du poumon. Tout le monde malheureusement peut déclarer un cancer du poumon. Ceci dit, j’augmente mes risques si je fume, si je suis dans un environnement de tabac, si… (je ne connais pas tous les facteurs de risques de cette maladie, mais vous avez compris). À l’inverse, je réduis les probabilités, si je ne fume pas, si je ne suis pas dans un environnement de fumeurs, si… (là encore, ce n’est pas ma spécialité). Même si je décide d’augmenter les facteurs de prévention que je contrôle et de diminuer les facteurs de risque, ça ne veut pas dire zéro risque, mais moins de risque.

Dans la santé mentale, c’est pareil. Je vous ai déjà parlé de la vulnérabilité/stress. Notre vulnérabilité au stress est majoritairement déterminée et est hors de notre contrôle. Si les facteurs de stress et le stress ressenti dépassent notre capacité à faire face au stress de manière récurrente et/ou intense, nous augmentons nos risques de déclarer une maladie.

Nos moyens d’action peuvent être sur la gestion des facteurs de stress et sur le stress ressenti. Comme nous sommes dans la partie prévention. Ici, il s’agira surtout de développer des méthodes adaptées de résolution de problèmes et de gestion du stress ressenti (relaxation, médiation, marche, sport, détente…).

Il est aussi possible de prendre soin de ses ressources, les décupler. Je pense notamment aux activités plaisirs, nourrissantes, à un entourage de qualité. Là, les choses peuvent être très variées, de la passion pour les hamsters nains du japon à la peinture de galets, en passant par le tuning. L’idée est que dans votre vie vous fassiez de la place pour différentes activités individuelles et sociales qui vous font du bien, qui vous ressourcent, qui vous stimulent. Bref, qui vous nourrissent.

C’est tellement plus facile de les développer quand tout va bien pour réussir à les appliquer lorsque ça devient compliqué.

Comme on dit, “on ne fait pas la maintenance du bateau dans la tempête, mais à quai et par beau temps”. On cherche ainsi à avoir un bateau le plus solide et fiable pour tenir au mieux lorsqu’il y aura une tempête.

Ma santé mentale est importante. Comment améliorer ma santé mentale. Je peux agir et optimiser à toutes les étapes : préventif, curatif, palliatif. Dessin d'un visage d'homme, l'air inquiet qui à une piscine dans la tête avec un petit lui-même paniqué en train de se noyer. (hm. C'est difficile à expliquer, j'espère que vous vous représentez cette image). mafamilledeouf.com
Notre santé mentale est importante, il faut en prendre soin avant de se noyer dans son stress.

Comment améliorer nous-même notre santé mentale dans un rôle curatif ?

Bon… ben… là, le bateau a craqué.

Ce n’est jamais amusant. Si la maladie est là, il y a également des choses que l’on peut faire pour nous aider.

La première étape, c’est d’identifier le problème ou la pathologie dont on souffre. Cette étape est très importante car sans ça, on risque de se tromper de cible et de perdre du temps. Et ne l’oublions pas, une perte de temps peut être une perte de chance dans certaines maladies.

L’autodiagnostic, le diagnostic que l’on fait soi-même avec Internet et/ou nos amis, est rarement une bonne idée. On peut faire une erreur et passer à côté de quelque chose d’important. Pour ça, je conseille vraiment de consulter un spécialiste : médecin généraliste, psychiatre ou psychologue.

Une fois que vous avez identifié le problème ou la pathologie dont vous souffrez, vous pouvez vous informer et repérer les moyens d’action que vous avez. En fonction de la sévérité de votre trouble et du moment dans la maladie, il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire par vous-même et pour vous-même.

Il y existe énormément d’ouvrages conçus pour vous guider dans ce sens. Je pense à la collection “Faire face” aux éditions Retz par exemple : de Charly Cungi “Faire face à la dépression“, “faire face aux addictions“… Il y en a bien d’autres en fonction des problématiques “je ne peux pas m’arrêter de laver, vérifier, compter. Mieux vivre avec un TOC” d’Alain Sauteraud, aux éditions Odile Jacob, pour ne donner que quelques exemples… Si vous avez besoin d’un conseil de lecture, vous pouvez demander à la personne qui a élaboré le diagnostic lors de la première étape.

Et parfois, la situation nécessite l’intervention d’un pro pour nous aider à réparer et c’est ok. Personne ne serait choqué si l’on faisait appel à un professionnel pour réparer notre bateau. Personne ne dirait « mais quoi ?!? Tu ne l’as pas réparé tout seul ?!? Quelle honte ! » ou « quoi ?!? Tu n’as pas réduit ta fracture tout seul !?! », « tu n’as pas soigné tes dents tout seul !? » Non. Personne ne dirait ça.

C’est la même chose pour votre santé mentale. Autant vous pouvez demander des conseils pour faire vous-mêmes de petites réparations, autant vous avez le droit de solliciter de l’aide si ça se corse ou si vous ne savez pas par où commencer.

Dans certains cas, vous n’aurez pas le choix que de faire appel à un professionnel (psychologue, psychiatre ou médecin généraliste) car la pathologie ne se prend pas en charge sans traitement médicamenteux par exemple. Mais ça ne vous empêche en aucun cas de prendre les choses en main simultanément.

Dans tous les cas, vous avez un rôle à jouer. Ça ne se fera pas sans vous. 😊

Comment optimiser nous-même notre santé mentale dans un rôle palliatif ?

Et puis, il arrive que l’on doive vivre avec une maladie chronique. Comment supporter l’insupportable, la douleur, la souffrance ? Là encore, il est possible d’améliorer les choses soi-même pour soi-même.

À ce stade, notre bateau est bien abimé ou fragilisé. Il faut d’autant plus en prendre soin.

On se pose la question de comment bien vivre malgré la maladie ou la douleur. Cette phase est axée autour de deux points : la gestion de la maladie et la prévention de rechute. On va pouvoir identifier les cercles vicieux qui intensifient les difficultés et les cercles vertueux qui les soulagent. Cependant, attention aux fausses bonnes idées qui soulagent à court terme, mais qui augmentent les difficultés à moyen ou long terme (je pense à l’alcool ou aux drogues par exemple).

Quant à la prévention de rechute, on s’intéresse aux situations à risque et l’on se prépare à y faire face de manière adaptée en fonction de notre contexte, notre problématique et notre état.

C’est comme si l’on préparait notre voyage en repérant les passages dangereux et que l’on décidait de la route que l’on allait prendre, ainsi que les ressources nécessaires pour atteindre notre destination. On n’est pas obligé de passer par l’île aux pirates ou le triangle des Bermudes. Toutefois, si l’on décide de le faire, il faut être prêt, avec les cales pleines, une bonne préparation, un bon équipage entrainé…

Ce voyage vers une destination qui nous fait rêver, qui nous élève, on l’appelle le rétablissement. C’est un sacré voyage ! Si vous voulez connaitre les étapes du rétablissement, vous pouvez lire mon article sur le rétablissement psychologique et regarder la vidéo associée.

Comment prendre soin de sa santé mentale ? Comme de son bateau. On peut optimiser sa santé mentale comme on préparerait un voyage en bateau, car la vie est un voyage finalement. ;)
Dessin d'un bateau qui navigue sur l'eau. mafamilledeouf.com
Comment prendre soin de sa santé mentale, comme de son bateau ?

En bref. Comment prendre soi-même soin de sa santé mentale ?

Que votre santé mentale soit en bon état, abimée ou fragilisée, vous pouvez l’optimiser sans faire appel à un psychologue ou un psychiatre. Évidemment, ceci est à modérer en fonction de vos difficultés et de votre situation personnelle.

Et si vous avez besoin d’aide lorsque vos difficultés sont trop importantes ou parce que vous ne savez pas par quoi débuter, les psychologues spécialisés en Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) peuvent vous aider.

Je précise “psychologues spécialisés en Thérapies Cognitives et Comportementales”, car ils ont pour objectifs de vous autonomiser dans la prise en charge de votre santé mentale. Ceci fait partie intégrante du modèle de psychothérapie, donc n’hésitez pas.

Ils seront à même de vous dire si vous avez besoin de consulter un médecin.

De plus, dans ce blog « ma famille de ouf », je vous donne des pistes pour prendre soin de vous, de votre santé mentale. Le blog est à destination des familles de personnes qui souffrent de maladie psychique. N’oubliez pas que les proches et familles sont à risque de subir du stress, de la dépression et de l’épuisement. Donc, pensez à prendre soin de vous. Il y a, à ce jour, deux articles qui concernent cette question, d’autres sont à venir, car c’est une question importante :

  • Oser prendre soin de soi. Et oui, ce n’est pas évident d’oser prendre du temps pour soi, particulièrement lorsque l’on a beaucoup de contraintes dans la vie, comme un proche malade.
  • Comment prendre soin de soi ? Pour savoir comment démarrer pour améliorer sa santé mentale.

Dites-moi en commentaire ce que vous faites pour optimiser votre santé mental !

Quelle que soit votre route, je vous souhaite de vous construire une belle vie ! 🤩

NB : On n’oublie pas que si vous allez très mal, il faut contacter les services d’urgences (en France, il faut composer le 15). Ne restez pas seul !

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One Reply to “La santé mentale peut-elle être optimisée sans l’aide d’un psychologue/psychiatre ?”

  1. Merci pour toutes ces pistes.
    Lorsque j’ai soupçonné ma dépression il y a quelques années, je suis allée consulter mon médecin pour vérifier si c’était bien cela. Et j’avoue que seule, je ne savais pas comment m’en sortir. J’étais déjà suivie par une psy, et avec mon médecin on a tenté un traitement « léger » car il était également homéopathe, mais cela n’a pas suffi et je me suis enfoncée un peu plus avant d’avoir un traitement à base de médicaments. J’ai acheté des livres sur la dépression, pour comprendre ce qui se passait et savoir comment m’en sortir, mais j’étais dans une phase trop avancée pour me concentrer sur la lecture et je n’aurais pas pu m’en sortir seule… je pense que se sortir seul de la dépression est compliqué.. Aujourd’hui je suis coach professionnelle t j’accompagne des personnes en quête de sens, mais je réoriente les personnes qui sont en phase dépression vers une psy car elles ne seront pas en mesure de suivre un coaching 😁

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