Comment prendre soin de soi pour aider les autres ?

Prendre soin de soi pour aider les autres. Prenez soin de vous et partez bien équipé dans le soutien de votre proche.

Pourquoi prendre soin de soi et gĂ©rer son stress en tant que proche d’une personne malade ?

Prendre soin de soi et gĂ©rer son stress… Prendre soin de soi et gĂ©rer son stress… Je vous vois dubitatifs. C’est facile Ă  dire ! On sait que c’est bien, mais c’est plus facile Ă  dire qu’à faire. Surtout quand on a un proche malade, n’est-ce pas ?

En effet, dans l’article sur l’intérêt de prendre soin de soi avant de prendre soin de son proche, on a vu à quel point il était difficile de prendre cette position. Il n’est pas simple de prendre soin de soi quand on a un ami ou un membre de la famille qui souffre d’une maladie psychique, car l’on se sent dans l’obligation de répondre à ses demandes d’aide, même lorsqu’elles sont continues, sinon nous pouvons nous sentir coupable. On risque de trouver bien égoïste de nous occuper de nous alors que notre enfant souffre, notre mari vit une crise, notre sœur est désespérée, la vie de notre mère est chaotique…

Il est compréhensible de vouloir plus que tout l’aider, lui tendre la main, l’écouter, le protéger, le conseiller et c’est bien louable de se dévouer pour les autres.

Sauf que, comme on l’a vu dans cet article, prendre soin de soi (en anglais selfcare) en tant que proche d’une personne malade n’est pas une option, ce n’est pas un choix !

Le risque est grand de souffrir soi-même de dépression, d’anxiété et pour finir d’épuisement. On a besoin d’être en forme pour aider notre proche à gérer la maladie, gérer les crises. La fatigue et le stress sont nos pires ennemis. Il faut se préparer un peu comme un sportif de haut niveau qui prépare le marathon de la vie.

Le bĂ©nĂ©fice de prendre soin de soi et de gĂ©rer son stress est Ă  la fois un facteur de protection de soi, mais aussi de la personne proche malade que l’on souhaite soutenir (pour mĂ©moire : bĂ©nĂ©fice sur la diminution du nombre et de la durĂ©e des hospitalisations).

Il est nécessaire de prendre soin de soi pour prendre soin de l’autre.

Comment prendre soin de soi ?

Clairement, ce n’est pas évident de prendre soin de soi quand on a un enfant, un parent, un frère, une sœur qui souffre d’une maladie psychique. Il va falloir dépasser les limites de culpabilité que l’on se met. On va y aller ensemble, pas à pas, si vous le voulez bien.

Il existe pleins de méthode pour prendre soin de soi. Je vous en propose aujourd’hui celle des cercles vicieux. Je vous invite à ne pas seulement la lire, mais à l’expérimenter intégralement.

1. Je fais le bilan des stresseurs

On a vu l’importance et comment faire le bilan dans l’article sur comment les évènements stressants peuvent nous rendre fous. Vous y retrouverez comment réaliser ce bilan.

En bref, on repère tous les éléments stressants de notre vie et on mesure l’impact qu’ils ont sur nous.

2. Je fais le tri des stresseurs

Une fois les choses clarifiĂ©es, on peut prendre du recul et voir s’il y a des Ă©lĂ©ments stressants que l’on peut supprimer. Par exemple, il y a des soucis qui ne nous appartiennent pas, des tâches qui ne nous appartiennent pas. Le frère de notre belle-sĹ“ur ne trouve personne pour l’aider Ă  dĂ©mĂ©nager ? Ce n’est pas Ă  nous de rĂ©gler tous les problèmes de la Terre entière. On supprime ! Ça fait de la place !

On peut Ă©galement dĂ©cider de rĂ©gler certains soucis. On prend les choses en main : on cherche des solutions et on les applique une par une. Hop ! Ça aussi, ça fait de la place ! Je sais, ça parait facile Ă  dire aussi, mais il y a des mĂ©thodes pour nous aider. Si ça vous intĂ©resse, je pourrais vous les donner. Dites-le-moi en commentaire.

Mais, malheureusement, on ne peut pas tout changer, comment je fais quand la situation n’est pas modifiable ?

3. Je comprends que je dois gĂ©rer mes Ă©motions et mon stress ressenti : cercle vicieux

Il y a des soucis sur lesquels on n’a pas la main. La maladie d’un proche par exemple. J’aurais beau vouloir passer Ă  l’action et rĂ©gler les difficultĂ©s, ça semble tristement hors de notre portĂ©e. C’est un souci qui va continuer de remplir ma bassine de stress (mais si vous savez la « bassine Ă  caca Â» dont on a dĂ©jĂ  parlĂ©). C’est lĂ  qu’intervient l’importance de prendre soin de moi. Il est possible que je sois coincĂ© dans un cercle vicieux stressant ou dĂ©primant. Ce cercle vicieux met en lien mes Ă©motions, mes pensĂ©es et mes comportements.

Je vais donc repérer ce que je ressens, ce que je me dis et ce que je fais.

Exemple de cercle vicieux qui empĂŞche de prendre soin de soi.
Ma famille de ouf
Exemple de cercle vicieux qui m’empêche de prendre soin de moi. Inspiré de C. Cungi

Plus je tourne dans ce cercle et moins je vais bien. C’est, en quelques sortes, mon mode d’emploi pour aller mal. Encore un tour de manège ? Non merci.

4. Je cherche ce que je peux faire d’autre pour me sentir mieux : cercle vertueux

L’idée ici va être de trouver des alternatives à ce cercle vicieux. En cherchant ce que je peux faire d’autre que ce que je fais habituellement (ce que je peux faire d’autre pour me faire du bien), je vais chercher à casser ce cercle vicieux et à créer un cercle vertueux.

Je vais donc m’atteler Ă  trouver des activitĂ©s bĂ©nĂ©fiques sur mon moral, mes Ă©motions, ma dĂ©tente. Je vais prendre soin de moi tant physiquement que mentalement. Je vais chercher Ă  prendre soin de moi avec de petites choses, pas besoin que ce soient des activitĂ©s extraordinaires qui demandent des moyens importants. L’intention que j’aurai pour moi est très importante pour inverser la tendance. Je vais dĂ©cider de m’occuper de moi ! C’est une action volontaire. Je vais me mettre en prioritĂ©.

Je vais choisir non plus de tirer sur la corde, mais de nourrir mes ressources. M’accorder enfin toute la bienveillance que je mérite, qu’elle soit au moins identique à celle que j’offre à ceux qui me sont chers.

Pour m’aider, je vais repĂ©rer mon besoin (ex : calme, dĂ©tente ou au contraire, stimulation, amusement, rire…) et me prescrire des activitĂ©s/comportements qui me ressourcent.

Attention aux fausses bonnes idĂ©es : ex : alcool, toxiques, me blesser… comme on l’a vu dans l’article sur les Ă©vènements stressants, certains comportements peuvent paraitre efficaces Ă  court terme, mais ĂŞtre particulièrement dĂ©lĂ©tère Ă  long terme.

  • Remplissez le cercle vertueux avec vos activitĂ©s choisies dans la partie « comportements Â». Bien entendu, les activitĂ©s doivent ĂŞtre rĂ©alistes dans votre contexte (pas la peine de noter faire de la montgolfière tous les dimanches, si vous n’y avez pas accès facilement.)
  • Inscrivez dans la partie « Ă©motions Â» ce que vous imaginez que vous ressentirez en les pratiquant.
  • Puis dans la partie « pensĂ©es Â» ce qui vous traverserait l’esprit Ă  ce moment-lĂ .
  • Quelles sont les consĂ©quences de la mise en place de ces comportements : les consĂ©quences pour vous et les consĂ©quences relationnelles.

(En réalité on peut commencer à remplir le cercle vertueux par n’importe quelle case, mais je trouve que cette méthode est plus simple pour démarrer seul.)

Plus vous faites tourner ce cercle et mieux vous vous sentez ? Parfait !

Bravo ! Vous avez crĂ©Ă© en quelques sortes votre mode d’emploi pour aller bien !

Exemple de cercle vertueux pour prendre soin de moi Ă  finir de remplir.
Exemple de cercle vertueux pour prendre soin de moi Ă  finir de remplir

5. Je passe à l’action

Évidemment, ce mode d’emploi doit ĂŞtre mis en pratique pour apporter un bĂ©nĂ©fice. Alors, Go ! Mais en douceur.

Il n’est pas facile de changer cette posture vis-Ă -vis de soi. On peut commencer doucement, par exemple en se disant, je vais prendre 30 min dans la semaine juste pour moi. 30 min dans la semaine, c’est en gĂ©nĂ©ral rĂ©aliste. C’est un dĂ©but. Dans le mĂŞme esprit, on peut commencer par une activitĂ© facile pour nous, on n’est pas obligĂ© de se programmer un voyage Ă  l’étranger directement, le coĂ»t d’argent et d’énergie pour l’organiser peut ĂŞtre beaucoup trop Ă©levĂ© et pas nĂ©cessairement renouvelable rĂ©gulièrement. LĂ , il s’agit de pouvoir prendre soin de soi au quotidien. Alors, on y va doucement, mais sĂ»rement ! On s’écoute avec bienveillance.

Encore un tour de manège ? Ouiiiii !

6. Je déguste les bienfaits de ce que j’ai mis en place

Cette étape est souvent négligée et pourtant très importante également. Il va s’agir de prendre conscience dans le détail des bienfaits que nous procurent les activités que l’on a mises en place pour nous. Sentir dans notre corps et dans notre esprit l’énergie, la sérénité, la légèreté. On va focaliser notre attention sur nos sensations de ressourcement, de bien-être.

En bref, on fait la récolte de ce que l’on a semé.

C’est dans la durĂ©e que l’on va rĂ©ellement se ressourcer. Ainsi, on va apprendre Ă  notre corps et notre tĂŞte se rĂ©gĂ©nĂ©rer, se renforcer et on sera prĂŞt Ă  partager avec nos proches toute notre belle Ă©nergie !

Téléchargez la fiche cercle vicieux / vertueux vierge pour la remplir avec votre situation pour vous aider à prendre soin de vous.

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Comment faire si je suis vraiment dans une situation d’urgence ?

Je n’en peux vraiment plus. Je n’ai plus de ressource du tout pour faire ce qui est proposé ci-dessus.

Dans ce cas, il s’agit sans doute d’une urgence. On gère donc la situation comme une urgence : avec beaucoup d’attention et de sĂ©rieux.

On met en place une procédure d’urgence.

  • Tout d’abord, je ne reste pas seul. Je m’entoure des bonnes personnes : famille ou amis s’ils sont des ressources pour moi, puis des professionnels : psychologue, psychiatre, mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste… Je me construis une Ă©quipe de choc et j’accepte leur aide. Parfois, c’est nous qui avons besoin d’aide et c’est ok.
  • Si mon Ă©quipe n’est pas disponible (ils ont le droit) et que je me sens vraiment très mal, je contacte les urgences et je m’y rends (appeler le 112 ou le 15 en France).

Vous aussi vous méritez que l’on prenne soin de vous.

Prendre soin de moi pour aider mes proches : ce qu’il faut retenir :

  • Je suis important et je mĂ©rite de prendre soin de moi.
  • Prendre soin de moi pour soutenir mes proches n’est pas optionnel.
  • Prendre soin de moi est une dĂ©cision que je prends.
  • Je fais le bilan de mon Ă©tat de stress et des stresseurs que je vis.
  • Je fais le tri dans mes stresseurs et je gère ceux qui sont Ă  ma portĂ©e.
  • Je repère le cercle vicieux dans lequel je suis pris.
  • Je crĂ©e le cercle vertueux que je souhaite mettre en place.
  • Je passe Ă  l’action Ă  mon bĂ©nĂ©fice.
  • Je dĂ©guste mon Ă©nergie et tous les bienfaits que je ressens.
  • Si c’est la catastrophe, je mets en place une procĂ©dure d’urgence.

Vous avez testĂ© cette mĂ©thode ? Renvoyez-moi les fiches remplies que je vois vos bonnes idĂ©es pour bien s’occuper de soi et que j’en partage sur les rĂ©seaux. 🙂

Article sur le même thème : La santé mentale peut-elle être optimisée sans l’aide d’un psychologue/psychiatre ?

Ressources :

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3 Replies to “Comment prendre soin de soi pour aider les autres ?”

  1. Jean-Michel dit : RĂ©pondre

    Prendre soin de soi pour bien prendre soin de ses proches c’est effectivement quelque chose qui peut fréquemment être oublié par les « caregivers ».

    Merci pour vos articles qui éclairent et déculpabilisent !

    1. Un grand merci pour votre retour. Il est très précieux pour moi.

  2. Nadia dit : RĂ©pondre

    Merci pour cette approche des choses. C’est un concept que j’ai appris en école d’infirmière mais que j’ai rarement mis en pratique et pourtant c’est complètement vrai ce que vous dites, comment aider l’autre si soit même on est au 36eme dessous?
    Un grand merci!

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